Le château, en grande partie restauré, est en très bon état. Situé dans un parc avec conciergerie et maison de campagne séparées.

Rez-de-chaussée: grand hall, second hall avec escalier majestueux, bureau, salon (+/- 100 m²), salle à manger, chapelle baroque, etc...
Premier étage: salon, bureau, bibliothèque, 7 chambres, 3 salles de bains
Deuxième étage: 15 chambres, 2 salles de bains

Thieusies était la propriété indivise de deux familles. En 1321, il s'agit d'une part de Gérard d'Enghien, seigneur d'Havré, et d'autre part, de Jean de Launais. En 1425, une des parts est vendue à Pierre de Luxembourg, seigneur d'Enghien. Elle restera la propriété des seigneurs d'Enghien jusqu'en 1531 lorsque Marie de Luxembourg la vend à Jean Carpentier. Ce dernier était auditeur des comptes et secrétaire de Philippe II de Croÿ. La fille de Jean Carpentier relève la seigneurie trois ans plus tard. Son cousin, Jean de Brissy, en héritera ensuite.
Elle échoit en 1581 à la famille Levesque - Marie de Brissy ayant épousé Nicolas Levesque. En 1720, la lignée des Levesque s'éteint avec Eustache. Celui-ci avait cédé, déjà en 1715, sa terre à François Marin. Les Marin seront anoblis par Charles VI en 1726. Le château féodal de Thieusies avait déjà disparu au Xve s.



En 1627, Antoine Levesque achète une ferme pour en faire sa nouvelle résidence seigneuriale. La «maison, grange, étable, jardin et pâture à arbres fruitiers» d'Eustache Levesque, le dernier descendant, furent cédés en 1715 à François Marin qui procéda à des agrandissements. Un plan, conservé aux Archives de l'Etat à Mons, nous montre une tour carrée accolée à un nouveau corps de logis. Ils sont accostés par d'anciens bâtiments de la ferme.
L'ensemble est entouré d'un haut mur de clôture qui renferme également des jardins et des vergers. L'autre partie de la seigneurie appartenait à la famille de Launais jusqu'au milieu du XVes., époque à laquelle elle fut confisquée au profit du duc de Bourgogne.
En 1638, elle est mise aux enchères. Antoine Levesque, déjà propriétaire de l'autre «demi-seigneurie», l'acquiert. En 1703, Philippe Levesque la vend à Jean-François Dornon, seigneur de Grand-Reng. Son petit-fils, Nicolas-Alexis, la cèdera en 1762 à François Marin qui ainsi percevra et exercera tous les droits seigneuriaux.

Derrière des grilles ancrées dans des pilastres de pierre s'élève un corps d'habitation de deux niveaux et demi. Il est construit en briques et pierre et est couvert d'une toiture à croupes.
La façade côté rue est plutôt de style néo-classique. Elle compte dix travées que traversent des bandeaux de pierre. Toutes les fenêtres sont à linteau droit à clé et encadrées de montants monolithes.
La façade arrière présente les mêmes caractéristiques bien que deux travées soient en retrait.

Une aile de deux niveaux vient s'y coller formant retour d'équerre. La travée centrale s'ouvre par une porte en plein cintre s'inscrivant dans un encadrement rectangulaire. Cette aile a été prolongée par une construction de même style élevée au XXes.
Derrière émerge une tour carrée couverte d'une courte flèche octogonale. La tour-porche qui donne accès à la cour porte le millésime 1727.
Le portail en anse de panier est surmonté d'une porte-fenêtre au-dessus de laquelle se trouvent les armoiries des Marin et des Obert de Thieusies. La tour est couverte d'un pavillon à la Mansart.
Le parc contient également un pavillon de jardin octogonal du XVIIIe s. avec chaînes d'angle harpées, une conciergerie construite en 1852 en style éclectique et une fausse tour de style médiéval en moellons et datée du XIXes.